Le sens de l'art et l'artiste

par Sébastien Garant, artiste peintre, © 1998


L'artiste doit être aveugle vis-à-vis de la forme "reconnue " ou "non reconnue ", sourd aux enseignements et aux désirs de son temps. Son œil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voix de la nécessité intérieure. Il pourra alors se servir de tous les moyens autorisés et tout aussi facilement de ceux qui sont interdits. C'est là la seule voie pour exprimer le Mystique nécessaire. Tous les moyens sont sacrés s'ils sont intérieurement nécessaires. Tous les moyens sont péchés s'ils ne découlent pas de la source de la nécessité intérieure. 

Vassili Kandinski, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier (1)


Introduction

Tout artiste épris de son art se pose à un moment de son existence, sinon explicitement du moins intuitivement, la question du sens, de la valeur et de la pertinence de son travail. Quel est le sens de l'art ? Sa raison d'être ? Son but ? Comment pratiquer un art dont la forme et la substance puissent être au service de ce sens ? Quels sont les obstacles à éviter ? Les erreurs à ne pas commettre ? Comment savoir ce qui a du sens et de la valeur quand on connaît l'immense variété des tendances créatrices dans le monde et dans l'Histoire, quand on sait, surtout, combien les avant-gardes créatrices remettent en question la valeur artistique du travail des collègues artistes qui les entourent ? Y a-t-il une constante concernant le sens de l'art qui permette de tenter un jugement de valeur sur la qualité du travail d'un artiste ?

C'est là un ensemble de questions qu'en tant qu'artiste peintre je me pose depuis plusieurs années. Intuitivement ou consciemment, en partie d'instinct  et en partie grâce au raisonnement, des réponses partielles me viennent qui dans certains cas demeurent et en d'autres cas s'estompent. Récemment, ces réponses qui sont demeurées ont réussi à se regrouper pour former un tout qui soit cohérent. Heureux de voir enfin mes pensées et mes intuitions parvenir à constituer une vision globale de l'art qui établisse clairement le sens de mon travail et les façons de rendre ce travail fidèle au sens que je lui donne, j'ai jugé utile pour moi-même de consigner tout cela par écrit, de même que j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant, utile et voire stimulant pour d'autres artistes, de même que pour les amateurs d'art (mélomanes, collectionneurs et autres amateurs) de prendre connaissance de ces réflexions. Ce sont elles qui sont consignées dans ce texte. Exposant d'abord ce que je considère comme le sens profond de l'art, j'expose ensuite quelle attitude fondamentale permet à l'artiste de rendre son travail fidèle à ce sens, illustrant cela de quelques exemples démontrant la variété des résultats possibles. Puis, dans la perspective de cette attitude, j'explique comment fonctionne le processus créateur, quels en sont les principaux écueils et comment le rendre pertinent eu égard au sens de l'art. Je termine enfin avec une explication des notions d'avant-garde et de maniérisme.

Le sens de l'art

Le grand violoniste Yehudi Menuhin disait que "L'expression artistique individuelle ou collective c'est la vie même" (2). L'art et la vie, au fond, sont la même chose et on a tort d'y voir deux réalités séparées. Vivre est un art et que serait l'art s'il n'était vivant ? Peut-on imaginer une existence humaine  ou un peuple dont toute forme d'art serait exempte? Une telle hypothèse nous fait frémir! Ce serait un horrible cachot intérieur que de ne jamais siffloter un air tout simple, de ne jamais imaginer dans les nuages les formes les plus extraordinaires, d'être systématiquement insensible à toute forme d'expression artistique. Pour tout dire, ce serait là une mort intérieure. L'art et la vie sont donc intimement unis pour ne faire qu'un. Mais si donc art et vie ne forment qu'un, le sens de l'art n'est-il pas celui de la vie? Et si le sens de la vie est le bonheur, la recherche du bonheur universel, n'est-ce pas là aussi le sens de l'art ? Personnellement je pense que c'est là que se trouve le sens de l'un et de l'autre. Les pères fondateurs de l'état américain considéraient à tel point l'importance de ce droit à la recherche du bonheur qu'ils l'énoncèrent dans leur Déclaration d'indépendance (3). Plus près de nous, le Dalaï-Lama actuel considère ce bonheur comme le sens même de la vie, un bonheur qui ne s'obtient sans amour ni compassion (4). Il rejoint ainsi  l'extraordinaire "Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (5), qui est la récapitulation de tout l'Évangile. Le sens de l’art est donc pour moi le même que celui de la vie: le bonheur, la recherche du bonheur qui ne s'obtient que par l'amour, un amour qui, somme toute, se confond avec ce bonheur.

Attitude de l'artiste

Dans cette perspective, l'attitude de l'artiste en sera une d'amour. Mais qu'est-ce que l'amour? Ce n'est pas, bien sûr qu'un sentiment positif en faveur de quelqu'un. Plus profondément, c'est le fait de considérer, au point d'en faire la racine de ses choix et de son agir, que l'autre est aussi important que soi-même, son bonheur tout aussi important que le nôtre. Et cet amour est constitué d'une double dynamique: accueil de l'autre et don de soi. (6) C'est cette dynamique qui doit être au cœur du travail de l'artiste.

La première attitude de l'artiste véritable en est en effet une d'accueil: touché par une réalité, il accueille cette réalité dans ce qu'elle a d'humain, dans ce qu'elle révèle de l'être humain, dans ce qu'elle apporte à celui-ci, voire même dans ce qu'elle questionne ou remet en question en lui. Pour donner quelques exemples de cet accueil, pensons à celui extasié de l'amour d'une femme et d'un homme tel que celui qui donna naissance au Baiser de Rodin. Ce peut aussi être l'accueil de l'émotion de l'homme face à la nature qui amena Beethoven à composer sa Symphonie pastorale. Ce peut enfin être l'accueil de l'humanité souffrante et avec qui Picasso manifesta une profonde solidarité en peignant Guernica. Cet accueil de l'humanité est au coeur du travail de l'artiste : de sa capacité à accueillir dépend sa capacité à exprimer avec justesse et pertinence la réalité au coeur de laquelle il se trouve, dont il est partie.

Mais l'attitude de l'artiste en est aussi une de don de soi : s'il expose ses oeuvres, fait entendre sa musique, danse devant un public, c'est qu'il a forcément quelque chose à dire: ce qu'il fait, il le fait en espérant apporter, donner, transmettre quelque chose à autrui. Et ce quelque chose, c'est ce qu'il a accueilli auparavant de la réalité pour le faire sien dans un processus d'humanisation : au fond, ce qu'il donne est sa propre humanité, c'est-à-dire lui-même. Cela, l'artiste le fait au profit de son "public" (j'emploie ici un terme générique incluant les auditeurs de musique, les lecteurs de poésie, les collectionneurs de peinture, etc.), mais aussi, indirectement, pour bien d'autres gens.

Concrètement, comment cela se réalise-t-il? Il me semble qu'il existe plusieurs façons par lesquelles ce don puisse exister. Aucune de ces façons n'est nécessairement imperméable l'une à l'autre car toutes procèdent de l'émotion sincère de l'artiste devant la réalité, que celle-ci ait une origine intérieure ou extérieure à lui-même. Elles peuvent ainsi se compléter, voire se confondre. Voici quelques exemples intéressants et valant la peine d'être examinés rapidement.

L'artiste peut d'abord faire don de son savoir, de ses connaissances sur un événement, par exemple, qu'il juge utile de faire connaître ou dont il juge utile de communiquer une interprétation. Il y a là un souci d'éducation. Pensons ici à la grande toile de Charles Huot à l'Assemblée nationale du Québec (Canada), Le Premier Parlement de Québec, qui non seulement rappelle le débat parlementaire de janvier 1793, mais encore lui confère un sens capable d'inspirer le public de cette toile: l'importance pour un peuple de parler sa langue dans ses institutions et la précieuse valeur de la démocratie naissante.

Une seconde chose que l'artiste peut offrir à son public, pour son service, est son propre approfondissement spirituel. Un très bel exemple de cela se retrouve dans la très forte et très émouvante interprétation musicale que G. F. Haendel fait, dans son oratorio Messiah, d'une spiritualité de l'Incarnation, de la Mort et de la Résurrection du Christ.

L'artiste peut aussi offrir sa solidarité en exprimant sa compassion pour les victimes  de la souffrance ou son rejet mal. Théodore Géricault, dans sa série de peintures sur les malades mentaux, représente avec compassion et respect la souffrance des malades concernés. Éveillant par là notre propre sensibilité pour ces gens, il contribue en outre et indirectement au bien-être des hommes et femmes affligés de telles maladies. Paul Klee, lui, dans son extraordinaire peinture de 1937, Révolution du viaduc, dénonce les dérives allemandes de son époque en se solidarisant avec toutes les personnes qui en font les frais. (Exilé et à l'abri en Suisse, Klee était lui-même méprisé et rejeté par le régime allemand.) Prenant ainsi la défense de la liberté, il contribue à l'espérance et à la lutte de ceux qui désirent son avènement (7).

Enfin, comme dernier exemple, l'artiste peut transmettre à son public son émerveillement devant la beauté: beauté de la nature, beauté du mystère, beauté de l'amour humain. Tout cet émerveillement, on le retrouve éloquemment dans le si beau recueil de poésie de Rabindranath Tagore, Le Jardinier d'amour (8). Toutes ces formes de don (qui sont en fin de compte des manifestations du don de soi) concourent d'une manière ou d'une autre à l'éveil ou au soutien d'une conscience historique, spirituelle, sociale, morale, esthétique ou autre du public de l'artiste et à son bonheur. Par l'éveil et le soutien de cette conscience, il peut aussi indirectement concourir au bien de plusieurs autres personnes.

Le processus créateur

Nous avons vu jusqu'ici quel sens donner à l'art et, eu égard à ce sens, quelle attitude fondamentale doit être celle de l'artiste: une attitude d'amour manifestée par l'accueil et le don, don pouvant se concrétiser de bien des façons aussi pertinentes  les unes que les autres. Toutefois, pour que le travail de l'artiste soit d'une valeur et d'un sens véritables, pour en assurer la validité, quel que soit ce qui est accueilli et donné, la présence de sa sincérité, de ses émotions profondes et de leur expression juste est nécessaire (9). Toutes les techniques de l'art sont donc soumises à cet impératif (10). L'une des erreurs fréquentes de plusieurs artistes consiste dans la recherche de l'originalité, avouée ou non. Or, cette recherche repose sur un leurre. Quels que soient le style développé et le mode utilisé (figuratif ou abstrait, tonal ou atonal, rimé ou libre), le sujet représenté ou évoqué, l'artiste véritable ressent avant tout la nécessité de tout mettre en oeuvre pour exprimer avec justesse et sincérité ses émotions : il n'a pas à chercher à être original, il n'a à chercher qu'à bien exprimer ces émotions, à les exprimer à sa manière. Le peintre Louis Muhlstock disait de ses œuvres: "Ces sujets, je les ai ressentis, je les ai exprimés de la meilleure façon possible: à ma façon, la seule que je connaisse" (11). Et Rodolphe de Repentigny de dire: "C'est d'ailleurs à même son émotion que le peintre digne de ce nom, quel qu'il soit par tendance, élabore son oeuvre" (12). À cet égard (ce ressenti), on touche le coeur de la subjectivité de l'artiste : de par ce qu'il ressent en lui et de par son contact personnel avec le monde, l'artiste à l'écoute de ses intuitions (en lien avec les autres facettes de son intelligence) est ému, touché par une réalité particulière au point de sentir qu'il n'y a pas d'autres alternatives possibles pour lui que de l'exprimer. Ce besoin d'expression jailli du plus profond de lui-même est d'ailleurs parfois tellement puissant que la sincérité de son travail l'amènera parfois à faire fi du mauvais accueil qui pourra être fait à l'une de ses œuvres par le public, par ses proches ou même par lui-même si, par exemple, cette œuvre exprime un de ses côtés qu'il n'aime pas manifester aux autres ou découvrir à lui-même. Tout ce dont il est question ici, c'est de sincérité envers la réalité et les émotions: il ne s'agit pas non plus de choquer pour choquer, de provoquer pour provoquer.

La recherche de l'originalité en soi n'a donc pas d'importance, elle est même nuisible à l'art puisqu'elle distrait l'artiste de la fidélité à la réalité et aux émotions, fidélité absolument nécessaire à la qualité et à la pertinence  de son travail, à la réalisation du sens profond de son art. Je pense que cette recherche de l'originalité à tout prix, avouée ou non, est une erreur trop fréquente. Il me semble qu'elle soit le fait de l'artiste qui, admirant les grands maîtres et étant marqué par leur personnalité et leur originalité,  pense que la valeur de leur art vient de cette dernière. Aspirant à un travail de qualité, il recherche donc l'originalité comme fin et garantie de la valeur de son travail. Pourtant, ce n'est pas l'originalité comme telle des grands maîtres qui fait la valeur du leur. Cette originalité est plutôt la conséquence naturelle de leur sincérité, de leur fidélité à la façon la plus juste d'exprimer ce qu'ils ressentent profondément par rapport à la réalité. Cette manière d'expression n'est donc que le reflet naturel d'eux-mêmes et c'est de cette attitude fondamentale de sincérité  que procèdent la valeur et la pertinence de leur travail artistique. "À chacun sa sensibilité, à chacun son univers! Pourvu que l'artiste soit lui-même."(13)

Mais il n'est pas toujours facile d'être à l'écoute de son être profond, d'accueillir la réalité intérieure ou extérieure et d'exprimer tout cela: cela demande une attention et un effort particuliers, un courage certain devant ce qui nous fait peur et un refus catégorique de s'en tenir aux couches faciles de la surface. Il est également facile d'avoir un certain attrait ou une certaine admiration pour le travail ou les idées des autres et de chercher à les imiter sans que cela corresponde pourtant à nos propres émotions profondes: c'est l'attrait pour une mode ou le début d'une mode, bien souvent. "Quel courage il faut pour être soi. On a contre soi la masse des autres qui ont abdiqué d'avance. Ils se regardent, ils se copient, ils se singent mutuellement" disait un certain abbé Mugnier. (14) Il est enfin facile de croire être à l'écoute de son être profond, mais, de façon plus ou moins consciente, taire ou masquer ses émotions véritables en cédant à la peur, aux tabous, aux complexes ou à la pression extérieure. Dans tous ces cas, on ne pratique en réalité qu'un art s'appuyant sur des clichés, des fuites, des évacuations. Un tel art n'a alors aucune valeur, se tenant à grande distance d'un processus créateur authentique et capable d'être porteur de sens.

Avant-garde et maniérisme

À la lumière de ce qui précède, on peut maintenant tenter une explication de ce que sont l'avant-garde et son opposé, le maniérisme (au sens stylistique plutôt qu'historique). Nous avons vu plus haut que l'originalité est la conséquence de la sincérité, de la fidélité aux émotions ressenties face à la réalité. L'avant-garde est une conséquence de cette fidélité et de l'originalité qui en découle. L'artiste d'avant-garde est en effet celui dont la fidélité aux émotions et l'originalité conséquente manifesteront de nouvelles pistes d'expression aux artistes en quête de justesse et de sincérité expressives, de pertinence du "discours". Ces artistes peuvent en effet à leur tour se servir de ces pistes de façon plus ou moins importante pour pratiquer leur art avec plus de liberté, de savoir, d'éveil face aux possibilités offertes pour la meilleure expression de leurs émotions. Si cependant ces créateurs (ou même l'artiste d'avant-garde) restent sur cette piste, mais n'y avancent pas, ou n'y avancent plus, rompent les liens avec les émotions et l'utilisent plutôt comme un "truc", une solution facile d'ordre esthétique, commercial ou autre, ils tombent dans ce qu'on peut appeler un maniérisme, sorte de sclérose de la créativité et dont plusieurs artistes contemporains (comme plusieurs du passé) sont malheureusement atteints.

Conclusion

Nous avons d'abord vu, au cours de ces réflexions, combien le sens de l'art se confond avec celui de la vie et réside dans le bonheur, dans la recherche du bonheur. Puis, dans cette perspective, nous avons vu que c'est par une attitude fondamentale d'amour, c'est-à-dire d'accueil de la réalité humaine et de don de soi, que l'artiste peut réaliser un art empreint de son sens. Nous avons aussi particulièrement examiné quelques exemples établissant combien est variée l'expression artistique possible du don de soi. Puis, nous avons vu que la validité du processus créateur passe par l'expression sincère et juste des émotions suscitées par la réalité et qu'elle évite le piège de la recherche de l'originalité et celui des clichés, des fuites et des évacuations. Nous avons enfin proposé une explication des notions d'avant-garde et de maniérisme.

Je crois qu'il y a dans tout ce qui vient d'être dit ici beaucoup de matière à réflexion. Je pense d'ailleurs que si ces considérations sur le sens de l'art et la création expriment bien ma pensée et sont à même de guider mon propre travail créateur, elles valent constamment la peine d'être approfondies et raffinées. J'espère aussi qu'elles pourront être utiles à mes collègues créateurs qui, comme moi, cherchent à réaliser un art empreint de sens et réfléchissent eux aussi aux différents aspects de leur travail créateur. Je souhaite qu'elles puissent enfin intéresser le public de l'art, l'aider à comprendre ce qu'il est en droit d'attendre des artistes comme ce qu'il ne doit pas attendre d'eux, lui donner certains repères pour faire la part de ce qui est valable ou non dans ce qui lui est présenté par les créateurs et, ainsi, faire des choix qui soient, pour lui aussi, reflets des émotions profondes et porteuses de sens.

Notes

(1) Édition établie et présentée par Philippe Sers, Denoël.

(2) Yehudi Menuhin, L'art, espoir pour l'humanité, Discours et écrits, Éditions Buchet/Chastel, Paris, p. 64.

(3) Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique du 4 juillet 1776.

(4) Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama, La compassion et l'individu, Éditions Relizane, Genève, 1991. 

(5) Évangile selon saint Jean, chapitre 13, verset 34.

(6) Sur l'amour comme don et accueil, voir François Varillon, Joie de croire, Joie de vivre, conférences sur les points majeurs de la foi chrétienne, 2e édition, Le centurion, © 1981, pp. 27 et ss.

(7) Au sujet de cette toile, voir Susanna Partsch, Paul Klee, 1879-1940, Benedikt Taschen, © 1990, pp. 92 et 93.

(8) Rabindranath Tagore, Le Jardinier d'amour suivi de La Jeune Lune, NRF Gallimard, © 1963.

(9) Je tiens à souligner la contribution importante, dans l'éclaircissement et la formulation de cette idée, de mon ami François Poulin, philosophe et philanthrope. Sa lecture commentée du premier manuscrit de ce texte a permis d'y faire de judicieuses améliorations.

(10) Remarquons ici qu'il est bon, pour un artiste en phase de formation, de se donner tous les outils qui lui permettront plus tard d'être totalement libre de s'exprimer comme il veut: il n'est pas très agréable, après des années de production, de se sentir freiné dans sa liberté d'expression parce qu'on a négligé, plus tôt, certains outils fondamentaux comme l'anatomie pour le peintre ou le contrepoint pour le compositeur. Par expérience et pour avoir négligé l'étude de l'anatomie pendant quelques années, je sais qu'une bonne formation est ainsi fort utile pour la liberté et donc la justesse d'expression.

(11) Muhlstock, publication produite à 1'occasion de l'exposition Louis Muhlstock, Musée du Québec, © 1995, intérieur de la première page de couverture.

(12) Rodolphe de Repentigny, "Louis Muhlstock", Vie des arts no 16 (automne 1959), cité dans l'ouvrage de la note précédente, p. 28.

(13) Bruno Hébert dans: Pierre L'Allier, Adrien Hébert, Musée du Québec, © 1993, p. 20.

(14) Abbé Mugnier, Journal de l'abbé Mugnier, "Le temps retrouvé", Mercure de France, Paris, 1895, cité par Bruno Hébert dans l'ouvrage de la note précédente, p. 20.

S. Garant, Le regard intérieur