Il y avait trop longtemps que je n'avais pas observé le ciel avec ma lunette. Hier soir, le ciel était dégagé et sans Lune et j'avais une envie viscérale de sortir faire de l'astronomie sur ma galerie, même si c'était sous un ciel trop éclairé de banlieue. Je suis donc sorti avec ma lunette et des oculaires permettant des grossissements de 24x, 50x et 86x. J'ai aussi sorti mes jumelles 7x50.
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| Le ciel du 16 septembre 2022, tel que vu de ma galerie, avec Jupiter bien visible en bas à droite (image créée avec le logiciel Stellarium) |
Je pensais d'abord pouvoir voir la planète Saturne, mais elle était déjà disparue derrière le mur de la maison. Un peu plus tard, la planète Jupiter, par contre, était bien visible: à la lunette, on voyait deux de ses bandes sombres ainsi que trois de ses quatre lunes principales: Calisto, Europe et Ganymède.
Mais c'était le ciel profond qui, comme d'habitude, m'intéressait le plus. J'ai commencé par observer rapidement deux amas globulaires, au sud-est, juste avant que ceux-ci ne s'éclipsent eux aussi derrière la maison: Messier 2 et 15 (dans le Verseau et Pégase), deux belles petites taches floues contenant chacune des dizaines de milliers d'étoiles. Un amas globulaire est un amas très dense d'étoiles anciennes, significativement liées entre elles par la gravité et en orbite autour du centre de notre galaxie, la Voie Lactée. Ils sont surtout visibles en été.
Puis, déplaçant mon regard vers l'est, j'ai observé la Grande galaxie d'Andromède (Messier 31). À ma grande surprise (je rappelle ici que j'observais sous un ciel trop éclairé de banlieue), je me suis rendu compte que sa petite galaxie satellite Messier 32 était visible, sous l'apparence d'une étoile floue. Je me demande si ce n'était pas la première fois que je réussissais à la voir d'ici, mais je ne suis pas sûr. La Grande galaxie d'Andromède est une grosse galaxie contenant quatre cents milliards d'étoiles. Sa lumière met deux millions et demie d'années à nous parvenir et, parmi les grosses galaxies, c'est notre plus proche voisine! À la lunette, c'est une belle tache floue bien visible, qui se voit d'ailleurs très bien aux jumelles, même en banlieue.
C'est dans la région de Cassiopée et de Persée, toutefois que j'ai vu le plus grand nombre d'objets du ciel profond, tous des amas ouverts. Un amas ouvert, contrairement à un amas globulaire, est un amas d'étoiles qui laisse voir entre elles le fond noir du ciel. Ses étoiles, significativement liées entre elles par la gravité, sont aussi beaucoup plus jeunes que celles d'un amas globulaire. Hier soir, j'ai donc pu observer les amas ouverts suivants: le Double amas de Persée (NGC 869 et 884), la Libellule (NGC 457), NGC 663, St 2 (ce dernier est très étendu, formant un beau piqué d'étoiles de luminosité assez uniforme) et le magnifique amas d'Alpha Persei (observé à la lunette et aux jumelles). Notons cependant ici que ce dernier amas serait peut-être plutôt une "Association stellaire", c'est-à-dire un ancien amas ouvert dont les étoiles se seraient distancées les unes des autres, au point où elles ne seraient plus significativement liées entre elles par la gravité.
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| L'amas d'Alpha Persei, tel que vu aux jumelles (image créée avec le logiciel Stellarium) |
J'ai terminé m'a soirée avec la nébuleuse planétaire de la Boule de neige bleue (NGC 7662), visible comme un infime point bleu, à peine plus gros qu'une étoile. Une nébuleuse planétaire est un nuage de gaz assez rond, éjecté par une étoile (parfois visible au centre du nuage) et faisant penser à une planète par son apparence.
Notons enfin une étoile filante qui m'a honoré de son passage.
J'avais déjà observé tous ces objets célestes (sauf évidemment l'étoile filante!) et, sous mon ciel de banlieue, je n'ai pas cherché à voir des nouveautés, ayant tant de fois ratissé cette région du ciel de ma galerie. Toutefois, c'était un bonheur de revoir tous ces vieux amis! Je n'avais pas visité NGC 663, par exemple, depuis 2017.

