C’est Marie,
qui m’a invité à aller avec elle à l’observatoire astronomique de Saint-Pierre,
samedi 24 septembre. Trois ans, que je n’y étais pas allé et, sapristi, que
j’étais content d’enfin y retourner! On est arrivé vers 19h15 et Daniel, Yves,
Pierre et André étaient déjà là, ainsi que quelques autres, tandis que Denis
est arrivé un peu plus tard. Marie et moi, on est resté jusque vers 23h15.
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Les galaxies M31 (en haut) et M33 (toute petite, en bas) (image créée avec le logiciel Stellarium) |
La soirée a
commencé à la brunante, avec Yves qui m’a fait visiter son nouvel
observatoire: une construction de grande qualité et un magnifique
télescope (doté d’un miroir de 18 pouces de diamètre, si ma mémoire est bonne).
Puis la vraie noirceur est arrivée.
Juste de voir
la Voie Lactée sous le ciel de Saint-Pierre était un délice ! Je ne voulais pas
être trop encombré, pour mon retour à Saint-Pierre, sachant que je goûterais
particulièrement la vue d’ensemble du ciel. Aussi, n’ai-je apporté que mes
jumelles 9x63 (grossissement de 9x, avec des objectifs de 63 mm) et, sapristi,
que j’en ai bien profité, faisant littéralement un « mini-marathon
Messier ». En tout: outre la Voie Lactée, 25 objets célestes du
catalogue de Messier et 14 autres objets célestes, tous observés aux jumelles.
Ajoutons à cela un 40e objet céleste, montré par des collègues dans
leurs télescopes et sur lequel je reviens un peu plus loin. Le tableau ci-dessous
indique l’ensemble des objets célestes observés ce soir-là. (Voir l'article précédent pour une explication de certains types d'objets célestes.)
Un des avantages
de l’observation aux jumelles, c’est qu’elle permet des vues d’ensemble dans leur large champ visuel. Ainsi,
ce soir-là, j’ai pu observer ensemble :
o
les
nébuleuses de l’Aigle (M16) et du Cygne (M17),
o les
amas globulaires M22 et M28,
o le
Double amas de Persée (NGC 869 et NGC 884) et l’amas ouvert St 2.
L’un de mes
grands plaisirs, lorsque j’observe le ciel, est de débusquer un objet céleste
que je n’avais jamais vu auparavant. Ce soir-là, ce nouvel objet a été l’amas
ouvert NGC 6709, dans la constellation de l’Aigle, un amas ayant l’apparence
d’une petite tache floue et ne laissant apparaître que deux étoiles distinctes (trois en vision décalée).
Mais c’est
André qui m’a permis de voir une autre nouveauté, dans son télescope doté d’un
miroir de 14 pouces : la nébuleuse planétaire Hélix (NGC 7293), située dans
la constellation du Verseau. Nous l’avons observée avec un grossissement de
65x. Cette nébuleuse est très étendue et très pâle et c’est à peine si elle se
distinguait du fond du ciel : ne pas avoir su où elle était, je n’aurais
rien remarqué. Pourtant, on la voyait. Toutefois, André a ensuite ajouté un
filtre UHC à son oculaire, un filtre qui ne laisse passer que certaines
longueurs d’onde. La nébuleuse est alors apparue dans toute sa majesté,
laissant percevoir l’anneau plus clair qui en marque la périphérie (pour en
avoir une certaine idée, voir l’image ci-dessous, créée à partir du logiciel
Stellarium). Un autre astronome, à proximité, nous l’a ensuite montrée dans son
télescope de 16 pouce, avec un grossissement un peu moindre mais avec un filtre
O III, qui ne laisse passer que la longueur d’onde de l’oxygène 3. Cette
fois-ci, c’est moins l’anneau qui était en évidence que la texture fibreuse de
l’ensemble de la nébuleuse. Ces observations de la nébuleuse Hélix avec deux
filtres différents m’a ainsi permis une compréhension complémentaire de la
structure de la nébuleuse : une expérience très enrichissante!
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Nébuleuse planétaire Hélix (image créée à partir du logiciel Stellarium) |
Hélix a été ma
dernière observation de la soirée, mais, juste avant de partir, ô surprise ! nous
avons entendu une chouette rayée, toute proche, ululer dans la nuit. C’était
très mystérieux et tout-à-fait splendide!
Merci à Marie, Yves,
André et tous les autres qui m’ont permis de vivre une si belle soirée
d’astronomie!