Aujourd'hui a été une journée chaude et humide, mais les rives du fleuve, avec leur vent rafraîchissant, rendaient la température très agréable. C'était une journée passée à Saint-Vallier avec mon amie Myriam, une journée qui a été l'occasion d'observations météorologiques très intéressantes.
D'abord, mentionnons de magnifiques cirrocumulus, des nuages qui se forment en haute altitude lorsque l'atmosphère est instable (première photo, prise à Lévis, au retour).
 |
| Cirrocumulus |
On a aussi pu observer des cumulonimbus avec pileus qui prospéraient tranquillement mais sûrement au-dessus de l'horizon (deuxième photo, encore prise à Lévis au retour, mais il y en avait déjà à Saint-Vallier). Le cumulonimbus avec pileus est la dernière phase d'un nuage, avant qu'il ne devienne un nuage d'orage.
 |
| Cumulonimbus avec pileus |
Rappelons ici comment se forme un nuage d'orage. Il commence avec un cumulus humilis (humble) avec une apparence de toute petite boule de ouate. Ce cumulus se met alors à grossir pour devenir un cumulus mediocris (moyen), un nuage blanc qui a un peu l'air d'un mouton très laineux, prêt à la tonte. C'est souvent le nuage qu'on s'imagine lorsqu'on pense spontanément à un nuage. Puis, comme ce nuage se gorge de plus en plus de l'humidité ambiante, il se met à prendre de l'expansion vers le haut : on parle alors d'un cumulus congestus (congestionné). Et ça continue de telle sorte que le nuage s'étend ensuite dans toutes les directions, fusionnant avec ses voisins et ne cessant de poursuivre son expansion vers le haut. On parle alors d'un cumulonimbus calvus (chauve). Un cumulonimbus calvus a l'air d'une immense montagne de neige qui continue toujours à grossir, comme si la machine s'était emballée. C'est alors que se forme juste au-dessus de lui, à la limite de la stratosphère, un petit nuage étiré. Ce second nuage s'appelle pileus (coiffe). Lorsque le cumulonimbus rejoint le pileus (comme sur la deuxième photo), il a atteint la limite inférieure de la stratosphère, une zone plus haute et moins dense de l'atmosphère où les nuages sont absents. Notre nuage (un chauve ayant maintenant une coiffure) ne peut alors plus s'étendre vers le haut. Toujours nourri par la forte humidité atmosphérique, il voit toutefois sa cime déborder à gauche et à droite, de plus en plus loin, donnant ainsi au nuage une forme de gigantesque enclume posée sur son socle. Notre nuage est alors devenu un monstre : un cumulonimbus capitalus incus (à tête en forme d'enclume). Il est alors prêt à déverser sa colère sur tout ce qu'il domine. Gare alors à la pluie torrentielle, à la grêle et à la foudre. À la limite, ces nuages peuvent même provoquer des tornades.
Évidemment, si un cumulus fini par absorber toute l'humidité ambiante, il cesse de grossir: ce ne sont donc pas tous les cumulus humilis qui deviendront des cumulonimbus capitalus incus.
Au passage, mentionnons enfin une mouette de Bonaparte observée à Saint-Vallier (troisième photo), ainsi que sept pygargues à tête blanche observés simultanément, encore à Saint-Vallier.
 |
| Mouette de Bonaparte |