vendredi 30 mai 2025

Au bord du fleuve

Il y avait de nombreux beaux oiseaux, cette semaine, au bord du fleuve. Voici trois espèces que j'ai eu le plaisir d'observer et de photographier.

D'abord, ce goéland hudsonien (appelé jusqu'à récemment "goéland argenté"). Il prenait son envol, au moment de la photo mais, sur celle-ci, il a presque l'allure d'un acteur étudiant dans son miroir quelque posture shakespearienne.


Puis, cette sterne pierregarin. Faisant du sur-place en vol, au-dessus du Saint-Laurent, elle guettait ce qui pourrait bientôt lui servir de repas. Je trouve ces sternes des oiseaux gracieux et agiles. Les voir pêcher est toujours un plaisir.


Enfin, cet oriole de Baltimore, d'abord entendu, puis vu lorsqu'il s'est déplacé pour se percher à la cime d'un arbre. Je me souviendrai toujours du premier oriole de Baltimore que j'ai vu. Mon père m'avait dit: "Viens voir: il y a un oriole de Baltimore dans le bain d'oiseaux." Ça a été un éblouissement.

mercredi 21 mai 2025

Ornithologie à Saguenay et Saint-Siméon

Oie des neiges à Saint-Siméon, par Myriam

Myriam et moi, on est récemment allés faire un petit voyage de trois jours à Saguenay et Saint-Siméon. Un des buts de cette sortie était l'observation des cygnes trompettes de Saint-Fulgence, près de Saguenay. On les a d'abord entendus - un couple y nichant - et on a soudain compris pourquoi ils portent leur nom! Si vous êtes curieux, il peut être intéressant pour vous d'aller cliquer sur le lien indiqué ci-dessus, puis de cliquer sur le bouton vert Écouter. Le troisième enregistrement de la liste donne une bonne idée des cris que nous avons entendus. Donc, après avoir d'abord entendus nos deux cygnes, on les vus. Après quelques minutes d'observation, il nous ont même fait la grâce de venir se poser plus près de nous et, durant un moment, ils ont fait leur parade nuptiale. Que d'élégance, chez ces grands oiseaux!

Un de nos coups de coeur, durant cette sortie, a été l'observation d'une vingtaine de parulines tigrées, une espèce d'abord vue à l'Anse-Saint-Jean, puis à quelques autres endroits. Élégantes et gracieuses, elles étaient peu farouche et, à notre grande surprise, toujours visibles sur un quai ou sur des rochers. En voici une photo, vue de très loin.

Paruline tigrée sur un rocher, devant l'horizon

La surprise du voyage a été le moqueur polyglotte de Saint-Siméon. Myriam et moi, on était à table au restaurant Quévillon, à Saint-Siméon, lorsqu'on a remarqué un oiseau perché sur une pancarte, de l'autre côté de la rue. Comme on avait les jumelles avec nous et que cet oiseau nous intriguait, on a les a utilisées pour observer ce volatile que Myriam a rapidement identifié: un moqueur polyglotte! 

Nos trois jours ont été pluvieux, venteux, brumeux et froids et, malgré tout, ils ont été passionnants. Bien sûr, on aurait aimé un peu de soleil! Mais le plaisir de l'ornithologie a été tel qu'il a fait fi des conditions météo inconfortables. Et puis, il y a de ces grisailles qui ne manquent ni de beauté ni de grandeur!

Le lac Jacques-Cartier, dans le parc des Laurentides

Cette fois-ci, on n'avait volontairement que nos téléphones cellulaires pour prendre des photos, préférant nous consacrer essentiellement à l'observation visuelle.

Pour les passionnés d'ornitho, voici la liste de toutes les espèces observées durant notre petit voyage. 

Sentier à Saint-Fulgence

mardi 13 mai 2025

Trois primecoches

Belle sortie ornithologique improvisée, hier, en compagnie de Micheline Roy et Claude Deschênes, deux ornithologues expérimentés. 

On a commencé par faire un tour du côté de Montmagny où, aux étangs d'épuration, j'ai pu observer mes tout premiers phalaropes de Wilson. Ces phalaropes sont de petits limicoles qui ont l'habitude de tourner presque sur place à la surface de l'eau, afin de brasser celle-ci pour faire remonter leur nourriture à portée de bec. Il étaient trois. Voici donc une très belle primecoche (première observation)! On a aussi vu s'envoler un bihoreau gris, qui n'était que mon deuxième à vie, et on a observé un troglodyte des marais, une autre espèce que je n'avais pas vu souvent. Un excellent début de journée!

Phalaropes de Wilson

Mais la journée continuait! Après un dîner pris sur le pouce à Montmagny, on s'est dirigé vers le 5e Rang, à La Durantaye. Tout de suite en arrivant, Claude a repèré, dans un champs deux goélands bruns en compagnie d'autres espèces de goélands. Deuxième primecoche pour moi! Le goéland brun a un point rouge sous le bec, il a les pattes jaunes et le dos de ses ailes est gris foncé. Il est à peu près de la grosseur du goéland hudsonien.

Goélands brun et hudsonien

Mais ce que cherchaient Micheline et Claude, pour en avoir déjà vu sur le 5e Rang une année précédente, c'était des maubèches des champs. On a donc marché quelques centaines de pieds le long du rang, scrutant un peu partout pour voir s'il n'y en aurait pas un quelque part. C'est finalement Micheline qui en a trouvé deux, leurs petites têtes sympathiques surgissant et replongeant dans l'herbe par intermittence. Et hop! Troisième primecoche! Les Maubèches sont une espèce en diminution. Comme il nichent au sol, dans les champs, les nids sont souvent détruits par la machinerie agricole. Heureusement, plusieurs agriculteurs sont maintenant sensibilisés à la question et, lorsqu'ils savent qu'un nid de maubèche est présent dans leur champ, ils le contournent pour le préserver.

Maubèche des champs

Merci donc à Micheline et Claude pour cette belle sortie en leur compagnie! Voir des oiseaux en compagnie d'ornithologues plus avancés que soi est toujours une excellente occasion de découvrir et d'apprendre.

lundi 5 mai 2025

Intense fin de semaine ornithologique

La forêt et la falaise au cap Tourmente

De nouveau, Myriam et moi avons eu une belle fin de semaine ornithologique, assez intense même, avec un total de plus d’une cinquantaine d’espèces observées. Samedi, on est allés au marais Provancher, à Neuville, et, dimanche, au cap Tourmente. Dimanche, on était accompagnés de notre amie Micheline. Au moins quatre espèces de parulines étaient présentes à l’un ou l’autre endroit (ou aux deux): parulines à joues grises, à collier, à couronne rousse et à croupion jaune.

Au marais Provancher, le fait saillant était la présence d’une visite plutôt rare: un canard siffleur (en compagnie de quelques canards d'Amérique). On a aussi eu le plaisir de voir tambouriner une gélinotte huppée. Malheureusement, j’avais oublié d’apporter mon appareil photo et la photo prise avec mon téléphone cellulaire est assez floue... La voici quand même.

Gélinotte huppée

Le lendemain, au cap  Tourmente, je n’avais pas oublié mon appareil et je me suis repris en prenant quelques photos. Voici mes préférées.

Merle d'Amérique nichant

Bruant hudsonien

Urubus à tête rouge sur une corniche de la falaise

Hirondelle bicolore

Pour la liste complète des espèces observées durant cette belle fin de semaine, cliquez ici.

vendredi 2 mai 2025

Autoportrait et introspection

Aujourd'hui, je me suis livré à un exercice que je n'avais pas fait depuis des années : dessiner un autoportrait. 


C'est un exercice introspectif parfois sérieux et parfois ludique, mais toujours fascinant et difficile à la fois, en ce sens qu'il nous amène à essayer d'exprimer un regard lucide sur soi-même, avec ses forces et ses faiblesses. Souvent, le résultat de cet exercice nous dérange, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi: comme il était écrit sur le fronton du temple de Delphes - et comme l'a repris Socrate: "Γνῶθι σεαυτόν (Gnôthi seautón, Connais-toi toi-même)". Apprendre à se connaître soi-même, c'est l'une des clefs du bonheur.

Voici quelques uns des autoportraits que j'ai réalisés au fil des ans. Ils datent de 1991, 1996, 2004, 2009 et 2025. Trente-quatre ans séparent le plus ancien du plus récent, le plus vieux du plus jeune, alors que leur auteur approche tranquillement mais sûrement, quoique avec un étonnement et un sourire assez amusés, de sa propre vieillesse. 

D'ailleurs, pour poursuivre dans la veine philosophique, je ne puis m'empêcher de remarquer que, si les plus anciens de ces autoportraits sont symboliquement tournés vers l'avant (vers la droite), les plus récents sont tournés vers l'arrière (vers la gauche). Symbolique inconsciente, sans doute, mais qui se laisse soudain percevoir et qui devient révélatrice de la longue et durable perception du temps qui passe. Je dois dire ici que ne me sens plus jeune (si je me sentais ainsi, j'aurais une bien trop longue expérience de la jeunesse pour être crédible à mes propres yeux!) mais que je me sens heureux, probablement beaucoup plus heureux qu'il y a trente-quatre ans. Il me semble que notre société devrait amorcer une réflexion sur la beauté et la joie qu'il peut y avoir à vieillir - si du moins on veut bien consentir à ne plus voir la vieillesse comme une malheureuse fatalité, mais plutôt comme une étape de la vie qui peut être pleine de sens.

Je ne puis m'empêcher de penser ici à Rembrandt Van Rijn qui, durant sa longue vie, a réalisé tant d'autoportraits, tantôt sérieux, tantôt ludiques, mais toujours si introspectifs. Il a sans doute été le grand maître de ce genre pictural.