J’ai le plaisir
de vous informer que mon dernier roman, L’énigme de l’oncle Roger, est
maintenant disponible en ligne en cliquant ici.
L’énigme de
l’oncle Roger se
déroule durant le premier quart du siècle actuel, mais fait mémoire
d’événements millénaires; elle se dévoile aux abords du fleuve Saint-Laurent,
mais fait écho à des événements survenus bien au-delà de notre pays; ses
protagonistes ont le français pour langue maternelle ou d’usage, mais ils ont
besoin de comprendre cinq langues pour aboutir au dénouement de cette histoire.
Sur fond linguistique et mythologique, l’Énigme de l’oncle Roger est un
roman qui, non sans humour, propose une réflexion sur le sens.
L'énigme de l'oncle Roger, Sébastien Garant, auteur et éditeur, 2026, 176 pages. ISBN
978-2-9811190-2-5.
Quelques extraits
de L’énigme de l’oncle Roger :
15 août
« As-tu avancé un peu dans
l’énigme de ton oncle ?
- Non : je piétine. Je ne
comprends pas qu’est-ce qui est l’énigme dont il parle puis… je ne sais pas non
plus dans quelle direction chercher. Tout est énigmatique, dans ses documents :
l’Aérianie, les espèces d’hiéroglyphes bizarres (...) l’arbre
des langues, avec des noms qui ressemblent à une généalogie de rois
mérovingiens : tout.
- Mais penses-tu avoir trouvé
quand même une petite piste, même toute petite?
- Je ne sais pas. J’ai commencé
par faire des recherches sur internet pour essayer de trouver des îles qui
ressembleraient à celles sur la carte de l’Aérianie : rien. L’archipel
arctique du Svalbard, en Norvège, peut y faire penser un peu, mais ce n’est
vraiment pas pareil. Ensuite, en jetant un coup d’œil aux textes en aérian et
en talmi, j’ai eu l’impression de discerner ici et là des (…) »
14 novembre
Julie conduit et Alfred dort à côté. Il gigote et grommelle un peu en dormant, puis il finit par se réveiller.
« Hein? On est rendus où?
- On vient de dépasser Victoriaville. T’as bien dormi?
- Victoriaville? J’ai dormi donc bien longtemps!
- Oui, ça fait un petit bout : tu devais être fatigué.
- Oui, je pense que j’étais assez fatigué… J’ai rêvé, en tout cas.
- T’as rêvé à quoi?
- Ouf! C’était un peu… un peu fou, comme rêve… J’ai rêvé que j’étais dans une espèce de grande cour, avec des tournesols partout. Il y avait un gros crucifix en or, enterré quelque part, puis du monde qui creusait partout pour le déterrer, mais je ne comprenais pas pourquoi ces gens-là voulaient le déterrer. Puis là, pendant qu’ils creusaient, je me suis retrouvé tout d’un coup sur le bord d’une piscine creusée, avec Jésus et Marie-Madeleine. Ils jouaient au curling avec notre voisine, Madame Lamarre, imagine toi-donc!
- Ah! Ah! Ah! Au curling avec madame Lamarre! C’est vraiment trop drôle, ton rêve! Mais ça doit être à cause de la lecture de l’Évangile, tantôt, aux funérailles : ça parlait de Jésus, que Marie-Madeleine prenait pour un jardinier.
- Ouais, ça doit être ça. Mais tu parles d’un rêve!... Au curling, t’imagines?
- Ça doit être à cause de l’autre jour : on est passé devant la salle de curling, sur le boulevard René-Lévesque, et tu ne l’avais jamais remarquée avant. Mais après, ton rêve, est-ce qu’il a fini comme ça ou ça a continué?
- Non : ça a continué. Jésus et Marie-Madeleine ont arrêté de jouer au curling : ils avaient gagné la partie. On était (...)
- Ah! Un rêve, c’est souvent une façon symbolique d’évacuer un trop plein de quelque chose. Madame Lamarre, c’était peut-être Madame Lamort. Peut-être que la pierre ronde du curling avait rapport avec celle du caveau où Jésus a été enterré. Symboliquement, je veux dire. Qui sait? Ton rêve un peu fou, il veut peut-être juste dire que t’aimerais que Roger et les autres reviennent. Comme Jésus dans l’histoire d’à matin.
- Coudonc,
t’es psychanalyste, toi?
- Pas plus que toi!
Sauf peut-être que (...) »
5 décembre
Une goélette à voiles vient
d’arriver au port, quelques semaines plus tard que prévu. Tout le monde est
content: l’Atlantique Nord, en hiver, c’est redoutable. À la fin des manœuvres,
mais avant le déchargement du navire, le second débarque avec un petit paquet.
Il marche le long des quais, puis s’engage dans une petite rue. Il entre enfin
dans une auberge, y laisse son paquet et jase un peu avec l’aubergiste, avant
de retourner à son bateau. Vingt autres minutes plus tard, l’aubergiste et une
femme jasent entre eux.
« Rojerie fis San-Nereie dzifnih. Zi datir miramemis daerytiô.
- O! Rie sih baigiô fomie. Zi
hagim nil fir tre…
- Nil ose. Gabie Harliflie
epestrum grafih Rojeries felivul, cui sir es. Dem ni rum rul portif. Tenu:
vatiur (…) »
17 janvier
« Et c’est quoi, ces
questions-là?
- Pour moi, il y en a trois.
D’abord : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? »
Ensuite : « Pourquoi y a-t-il du mal dans le monde? » Et enfin,
cette question en trois volets : « D’où venons-nous? Que sommes-nous?
Où allons-nous? » Pour moi, ces trois questions-là sont celles qui animent
le début de toute quête de sens.
- Ça a du sens!
- Je ne te le fais pas dire!
- Et toi, comment tu te situes,
face à ces trois questions-là?
- Je pense qu’elles sont mal
posées.
- Pardon ?
- Je pense qu’elles sont mal
posées.
- Mais tu viens de dire qu’elles
animent le début de toute quête de sens puis, un peu plus tôt, tu me disais que
ce qui t’intéresse, c’est de savoir qu’est-ce qui a du sens pour toi! Tu ne te
contredis pas, là ?
- Eh! Eh ! Je vois que tu
retiens bien ce que je te dis. Mais je ne me contredis pas. Je t’explique. Ces
trois questions-là, elles animent effectivement le début de toute quête de sens
mais (…) »
Bonne lecture !