lundi 26 septembre 2022

À Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud : Hélix et chouette rayée

C’est Marie, qui m’a invité à aller avec elle à l’observatoire astronomique de Saint-Pierre, samedi 24 septembre. Trois ans, que je n’y étais pas allé et, sapristi, que j’étais content d’enfin y retourner! On est arrivé vers 19h15 et Daniel, Yves, Pierre et André étaient déjà là, ainsi que quelques autres, tandis que Denis est arrivé un peu plus tard. Marie et moi, on est resté jusque vers 23h15.

Les galaxies M31 (en haut) et M33 (toute petite, en bas)
(image créée avec le logiciel Stellarium)

La soirée a commencé à la brunante, avec Yves qui m’a fait visiter son nouvel observatoire: une construction de grande qualité et un magnifique télescope (doté d’un miroir de 18 pouces de diamètre, si ma mémoire est bonne). Puis la vraie noirceur est arrivée.

Juste de voir la Voie Lactée sous le ciel de Saint-Pierre était un délice ! Je ne voulais pas être trop encombré, pour mon retour à Saint-Pierre, sachant que je goûterais particulièrement la vue d’ensemble du ciel. Aussi, n’ai-je apporté que mes jumelles 9x63 (grossissement de 9x, avec des objectifs de 63 mm) et, sapristi, que j’en ai bien profité, faisant littéralement un « mini-marathon Messier ». En tout: outre la Voie Lactée, 25 objets célestes du catalogue de Messier et 14 autres objets célestes, tous observés aux jumelles. Ajoutons à cela un 40e objet céleste, montré par des collègues dans leurs télescopes et sur lequel je reviens un peu plus loin. Le tableau ci-dessous indique l’ensemble des objets célestes observés ce soir-là. (Voir l'article précédent pour une explication de certains types d'objets célestes.)

Un des avantages de l’observation aux jumelles, c’est qu’elle permet des vues d’ensemble dans leur large champ visuel. Ainsi, ce soir-là, j’ai pu observer ensemble : 

o   les nébuleuses de l’Aigle (M16) et du Cygne (M17), 

o   les amas globulaires M22 et M28,    

o   le Double amas de Persée (NGC 869 et NGC 884) et l’amas ouvert St 2.

L’un de mes grands plaisirs, lorsque j’observe le ciel, est de débusquer un objet céleste que je n’avais jamais vu auparavant. Ce soir-là, ce nouvel objet a été l’amas ouvert NGC 6709, dans la constellation de l’Aigle, un amas ayant l’apparence d’une petite tache floue et ne laissant apparaître que deux étoiles distinctes (trois en vision décalée).

Mais c’est André qui m’a permis de voir une autre nouveauté, dans son télescope doté d’un miroir de 14 pouces : la nébuleuse planétaire Hélix (NGC 7293), située dans la constellation du Verseau. Nous l’avons observée avec un grossissement de 65x. Cette nébuleuse est très étendue et très pâle et c’est à peine si elle se distinguait du fond du ciel : ne pas avoir su où elle était, je n’aurais rien remarqué. Pourtant, on la voyait. Toutefois, André a ensuite ajouté un filtre UHC à son oculaire, un filtre qui ne laisse passer que certaines longueurs d’onde. La nébuleuse est alors apparue dans toute sa majesté, laissant percevoir l’anneau plus clair qui en marque la périphérie (pour en avoir une certaine idée, voir l’image ci-dessous, créée à partir du logiciel Stellarium). Un autre astronome, à proximité, nous l’a ensuite montrée dans son télescope de 16 pouce, avec un grossissement un peu moindre mais avec un filtre O III, qui ne laisse passer que la longueur d’onde de l’oxygène 3. Cette fois-ci, c’est moins l’anneau qui était en évidence que la texture fibreuse de l’ensemble de la nébuleuse. Ces observations de la nébuleuse Hélix avec deux filtres différents m’a ainsi permis une compréhension complémentaire de la structure de la nébuleuse : une expérience très enrichissante!

Nébuleuse planétaire Hélix
(image créée à partir du logiciel Stellarium)

Hélix a été ma dernière observation de la soirée, mais, juste avant de partir, ô surprise ! nous avons entendu une chouette rayée, toute proche, ululer dans la nuit. C’était très mystérieux et tout-à-fait splendide!

Merci à Marie, Yves, André et tous les autres qui m’ont permis de vivre une si belle soirée d’astronomie!

samedi 17 septembre 2022

Astronomie de galerie

Il y avait trop longtemps que je n'avais pas observé le ciel avec ma lunette. Hier soir, le ciel était dégagé et sans Lune et j'avais une envie viscérale de sortir faire de l'astronomie sur ma galerie, même si c'était sous un ciel trop éclairé de banlieue. Je suis donc sorti avec ma lunette et des oculaires permettant des grossissements de 24x, 50x et 86x. J'ai aussi sorti mes jumelles 7x50.

Le ciel du 16 septembre 2022, tel que vu de ma galerie,
avec Jupiter bien visible en bas à droite

(image créée avec le logiciel Stellarium)

Je pensais d'abord pouvoir voir la planète Saturne, mais elle était déjà disparue derrière le mur de la maison.  Un peu plus tard, la planète Jupiter, par contre, était bien visible: à la lunette, on voyait deux de ses bandes sombres ainsi que trois de ses quatre lunes principales: Calisto, Europe et Ganymède.

Mais c'était le ciel profond qui, comme d'habitude, m'intéressait le plus. J'ai commencé par observer rapidement deux amas globulaires, au sud-est, juste avant que ceux-ci ne s'éclipsent eux aussi derrière la maison: Messier 2 et 15 (dans le Verseau et Pégase), deux belles petites taches floues contenant chacune des dizaines de milliers d'étoiles. Un amas globulaire est un amas très dense d'étoiles anciennes, significativement liées entre elles par la gravité et en orbite autour du centre de notre galaxie, la Voie Lactée. Ils sont surtout visibles en été.

Puis, déplaçant mon regard vers l'est, j'ai observé la Grande galaxie d'Andromède (Messier 31). À ma grande surprise (je rappelle ici que j'observais sous un ciel trop éclairé de banlieue), je me suis rendu compte que sa petite galaxie satellite Messier 32 était visible, sous l'apparence d'une étoile floue. Je me demande si ce n'était pas la première fois que je réussissais à la voir d'ici, mais je ne suis pas sûr. La Grande galaxie d'Andromède est une grosse galaxie contenant quatre cents milliards d'étoiles. Sa lumière met deux millions et demie d'années à nous parvenir et, parmi les grosses galaxies, c'est notre plus proche voisine! À la lunette, c'est une belle tache floue bien visible, qui se voit d'ailleurs très bien aux jumelles, même en banlieue.

C'est dans la région de Cassiopée et de Persée, toutefois que j'ai vu le plus grand nombre d'objets du ciel profond, tous des amas ouverts. Un amas ouvert, contrairement à un amas globulaire, est un amas d'étoiles qui laisse voir entre elles le fond noir du ciel. Ses étoiles, significativement liées entre elles par la gravité, sont aussi beaucoup plus jeunes que celles d'un amas globulaire. Hier soir, j'ai donc pu observer les amas ouverts suivants: le Double amas de Persée (NGC 869 et 884), la Libellule (NGC 457), NGC 663, St 2 (ce dernier est très étendu, formant un beau piqué d'étoiles de luminosité assez uniforme) et le magnifique amas d'Alpha Persei (observé à la lunette et aux jumelles). Notons cependant ici que ce dernier amas serait peut-être plutôt une "Association stellaire", c'est-à-dire un ancien amas ouvert dont les étoiles se seraient distancées les unes des autres, au point où elles ne seraient plus significativement liées entre elles par la gravité. 

L'amas d'Alpha Persei, tel que vu aux jumelles
(image créée avec le logiciel Stellarium)

J'ai terminé m'a soirée avec la nébuleuse planétaire de la Boule de neige bleue (NGC 7662), visible comme un infime point bleu, à peine plus gros qu'une étoile. Une nébuleuse planétaire est un nuage de gaz assez rond, éjecté par une étoile (parfois visible au centre du nuage) et faisant penser à une planète par son apparence.

Notons enfin une étoile filante qui m'a honoré de son passage. 

J'avais déjà observé tous ces objets célestes (sauf évidemment l'étoile filante!) et, sous mon ciel de banlieue, je n'ai pas cherché à voir des nouveautés, ayant tant de fois ratissé cette région du ciel de ma galerie. Toutefois, c'était un bonheur de revoir tous ces vieux amis! Je n'avais pas visité NGC 663, par exemple, depuis 2017.

samedi 10 septembre 2022

Mystère et beauté

Ce matin, au bord du fleuve, il y avait une belle brume, un peu mystérieuse comme toutes les brumes et lente à se lever. J'ai observé plusieurs espèces d'oiseaux, dont mon premier martin-pêcheur de l'année, proche de la maison natale de Louis Fréchette et trop rapide pour être photographié ; puis, sur le quai de la marina, quelques urubus à tête rouge, posés et les ailes étendues. Je n'avais jamais vu cela auparavant chez ces oiseaux. J'ai aussi vu un tamia rayé et un monarque. Ce dernier se démarquait particulièrement dans la grisaille ambiante. 

Brume 1

Brume 2

Grand héron et urubus à tête rouge

Moqueur chat

Pic maculé

Tamia rayé

Monarque

mardi 6 septembre 2022

Grand héron à la pêche

Tôt hier matin, au bord, du fleuve, un grand héron était en train de pêcher dans une flaque. C'était agréable d'admirer ses mouvements lents et, lorsqu'il a saisi je ne sais quelle bestiole, la soudaine expansion de son long cou. Quel oiseau magnifique !




dimanche 4 septembre 2022

Pluviers, bécassin et astroblème

Pluviers argentés et autres oiseaux

Avec ma cousine Anne et sa fille Yvonne, nous sommes allés marcher dans le Sentier du Cabouron, à Saint-Germain de Kamouraska. Un cabouron (même étymologie que "caboche") est une colline pierreuse au milieu des champs. Cet endroit est situé vis-à-vis l'astroblème de Charlevoix, un immense cratère météoritique dont une partie est située sous le fleuve. Du haut du cabouron, observant le pic central et les remparts lointains du cratère, je me suis demandé si ces cabourons avaient un lien avec l'impact météoritique (ondes dues à l'impact ? éjectas ? autre ?) ou s'ils étaient des phénomènes géologiques complètement indépendants. Après m'être informé, il semblerait toutefois qu'il n'y a pas de lien entre les deux phénomènes et que la formation des cabourons serait plutôt liée à la dernière glaciation.

Sur le cabouron

Vue du sommet du cabouron

Avant et après, nous nous sommes arrêtés dans le village de Kamouraska. Les limicoles y étaient très nombreux : au moins quatre espèces bien identifiées (de nombreux pluviers argentés, quelques pluviers semipalmés et petits chevaliers, ainsi qu'un bécassin roux - une première pour moi). Mentionnons aussi des centaines de limicoles observés en vol et sur le rivage, mais trop loin pour être identifiés précisément. Dans le sentier du Cabouron, Yvonne a repéré le seul gros-bec errant que nous ayons observé. (Pour plus de détails sur les oiseaux observés, cliquer ici.)

Jardin à Kamouraska

Petits chevaliers, bécassin roux et pluviers semipalmés

Détail de la photo précédente :
le bécassin roux est encerclé