mercredi 24 avril 2024

Séjour à Blainville

Myriam et moi avons fait un petit séjour à Blainville, chez nos amis Diane et François, samedi et dimanche dernier. Évidemment, nous avons profité de notre présence là-bas et du chemin d'aller et de retour pour faire un peu d’observation ornithologique (y compris du traversier entre Saint-Ignace-de-Loyola et Sorel, une traverse que nous utilisions pour la première fois).

Myriam et Sébastien aux lacs Fauvel,
Blainville (© Diane Geoffrion)

L’oiseau que nous avons probablement eu le plus de plaisir à observer se trouvait au parc du ruisseau de Feu, à Terrebonne : une crécerelle d’Amérique qui, à trois reprises et assez proche de nous, a fait du vol stationnaire en examinant le sol au-dessous d’elle. Un magnifique petit oiseau que nous n’avions pas vu souvent! Les très nombreuses hirondelles bicolores et les quelques fuligules à tête rouge de Baie-du-Febvre nous ont aussi fait bien plaisir. En tout, durant la fin de semaine, nous avons pu identifier trente-neuf espèces.

Vue du parc du ruisseau de Feu, Terrebonne

Je ne puis m’empêcher de mentionner, par ailleurs, la beauté du lac Saint-Pierre et de ses vagues, sous un magnifique ciel de soleil et de nuages, ainsi que le côté fascinant et mystérieux du parc écomaritime de l'Anse-au-Port, à Nicolet: on se serait cru dans une sorte de bayou!

Vue sur le lac Saint-Pierre, Nicolet

Parc écomaritime de l'Anse-au-Port

Très cordial merci à Diane et François qui nous ont si bien reçus!

mercredi 10 avril 2024

Éclipse totale de Soleil, bref moment d’éternité!

Éclipse totale de Soleil, © Martin Lavoie

Lundi 8 avril 2024 en après-midi, avec deux amis, André et Angèle, à Saint-Martin de Beauce, QC, pour observer l’éclipse totale de Soleil. Le ciel est parfaitement dégagé et les conditions d’observation sont idéales! Léger vent d’ouest. Nous avons chacun ce qu’il faut pour faire une observation sécuritaire: des lunettes expressément conçues et homologuées pour l’observation du soleil. Nous en profitons aussi pour être attentifs au comportement des oiseaux et aux fluctuations météorologiques.

Notre site d'observation, © Sébastien Garant

14h10

Nous arrivons sur un site repéré par Angèle et qui nous semble parfait, au fond d’un champ, en surplomb de la route et de la rivière Chaudière. La vue y est bien dégagée et porte au loin. En tout, nous y sommes neuf personnes, dont un astrophotographe avec qui nous faisons connaissance: Martin Lavoie, de La Pocatière. C’est Martin qui, par la suite, nous enverra les deux magnifiques photos de l’éclipse reproduites ici avec sa permission.

14h19

La phase de partialité est commencée, avec la surface noire de la Lune qui apparaît en bas à droite, sur la surface lumineuse du Soleil. On entend une corneille de temps en temps, sans plus.

15h10

La surface solaire est maintenant presque toute masquée par la Lune. Nous remarquons que le paysage semble subtilement plus gris.

15h20

Il y a maintenant de bonnes bourrasques et la chute de la température est marquée. Sur la rivière, des bernaches deviennent agitées. C’est thrillant au coton!

15h29

Chute très soudaine de la luminosité ambiante. Avec nos lunettes spéciales, on voit enfin disparaître la dernière trace lumineuse de la surface solaire. Wow! Totalité! La surface solaire est maintenant entièrement masquée par la Lune et, pour les deux minutes et demie à venir, on peut enlever nos lunettes pour observer la couronne solaire entourant la Lune! Quel lever de rideau ! Quelle émotion! Une Lune parfaitement noire entourée de la couronne solaire blanche, sur fond de ciel gris-bleu très foncé. En bas, sur l’horizon, une longue bande de lumière orangé. En haut à gauche de l’éclipse: Jupiter éclatante; en bas à droite : Vénus flamboyante. Tout le monde sur place est enthousiaste et le fils de Martin s’exclame: «On dirait un trou noir!» (pensez, par exemple, à la photo très connue du trou noir Sgr A*). André me fait remarquer que, au sol, il n’y a plus d’ombre portée des objets environnants. J’ai constamment l’impression que ce spectacle indicible va soudainement s’achever, mais il dure et il dure et, pour mon plus grand ravissement, il me semble durer non pas deux courtes minutes et demie mais bien cinq longues minutes. Je savoure! C’est un heureux et bref moment d’éternité! 

Schéma de l'éclipse, © Sébastien Garant
Après quoi, nous sommes soudainement éblouis par la réapparition de la surface solaire (ce qu’on appelle la deuxième «bague de diamant»), en bas à droite. Nous fermons instinctivement les yeux, puis nous remettons aussitôt nos lunettes spéciales pour continuer, en toute sécurité, notre observation de l’éclipse dans sa phase partielle.

La «bague de diamant», © Martin Lavoie
15h50

La surface solaire est de plus en plus visible.

16h12

La chaleur revient, les bourrasques ont de nouveau fait place à un vent léger. On entend quelques corneilles, un bruant chanteur et une mésange à tête noire. Plus aucun signe des bernaches.

16h30

La Lune ne masque presque plus rien de la surface solaire: on dirait maintenant un biscuit dans lequel on aurait pris une minuscule mordée du bout des dents, en haut à gauche.

16h55

Depuis quelques minutes, la surface solaire est redevenue complètement visible. C’est l’heure du retour!

Très cordial merci à André et Angèle, pour leur si agréable compagnie, ainsi qu’à Martin, pour ses photos de l’éclipse et pour sa permission de les publier sur cette page!

Carpe noctem!