mercredi 11 février 2026

Promenade dans les rangs

Ce matin, Myriam et moi, on a eu le goût d'aller se promener dans les rangs derrière Québec, espérant peut-être y voir un harfang des neiges. On n'en a pas vu, mais on eu le plaisir d'observer plus d'une cinquantaine de plectrophanes des neiges (première photo). Ces magnifiques petits passereaux nichent dans le nord, mais nous font le plaisir de leur visite en hiver. On les voit habituellement en grandes bandes, même si on peut parfois observer un individu isolé. Et puis, avec la petite neige qui tombait, le paysage était magnifique (deuxième photo)!




mercredi 4 février 2026

L'énigme de l'oncle Roger : roman !

J’ai le plaisir de vous informer que mon dernier roman, L’énigme de l’oncle Roger, est maintenant disponible en ligne en cliquant ici

L’énigme de l’oncle Roger se déroule durant le premier quart du siècle actuel, mais fait mémoire d’événements millénaires; elle se dévoile aux abords du fleuve Saint-Laurent, mais fait écho à des événements survenus bien au-delà de notre pays; ses protagonistes ont le français pour langue maternelle ou d’usage, mais ils ont besoin de comprendre cinq langues pour aboutir au dénouement de cette histoire. Sur fond linguistique et mythologique, l’Énigme de l’oncle Roger est un roman qui, non sans humour, propose une réflexion sur le sens. 

L'énigme de l'oncle Roger, Sébastien Garant, auteur et éditeur, 2026, 176 pages. ISBN 978-2-9811190-2-5.

Quelques extraits de L’énigme de l’oncle Roger :

15 août

« As-tu avancé un peu dans l’énigme de ton oncle ?

- Non : je piétine. Je ne comprends pas qu’est-ce qui est l’énigme dont il parle puis… je ne sais pas non plus dans quelle direction chercher. Tout est énigmatique, dans ses documents : l’Aérianie, les espèces d’hiéroglyphes bizarres (...) l’arbre des langues, avec des noms qui ressemblent à une généalogie de rois mérovingiens : tout.

- Mais penses-tu avoir trouvé quand même une petite piste, même toute petite?

- Je ne sais pas. J’ai commencé par faire des recherches sur internet pour essayer de trouver des îles qui ressembleraient à celles sur la carte de l’Aérianie : rien. L’archipel arctique du Svalbard, en Norvège, peut y faire penser un peu, mais ce n’est vraiment pas pareil. Ensuite, en jetant un coup d’œil aux textes en aérian et en talmi, j’ai eu l’impression de discerner ici et là des (…) »

          14 novembre

Julie conduit et Alfred dort à côté. Il gigote et grommelle un peu en dormant, puis il finit par se réveiller.

« Hein? On est rendus où?

      -  On vient de dépasser Victoriaville. T’as bien dormi?

      -  Victoriaville? J’ai dormi donc bien longtemps!

      -  Oui, ça fait un petit bout : tu devais être fatigué.

      -  Oui, je pense que j’étais assez fatigué… J’ai rêvé, en tout cas.

      -  T’as rêvé à quoi?

      -  Ouf! C’était un peu… un peu fou, comme rêve… J’ai rêvé que j’étais dans une espèce de grande cour, avec des tournesols partout. Il y avait un gros crucifix en or, enterré quelque part, puis du monde qui creusait partout pour le déterrer, mais je ne comprenais pas pourquoi ces gens-là voulaient le déterrer. Puis là, pendant qu’ils creusaient, je me suis retrouvé tout d’un coup sur le bord d’une piscine creusée, avec Jésus et Marie-Madeleine. Ils jouaient au curling avec notre voisine, Madame Lamarre, imagine toi-donc!

      -  Ah! Ah! Ah! Au curling avec madame Lamarre! C’est vraiment trop drôle, ton rêve! Mais ça doit être à cause de la lecture de l’Évangile, tantôt, aux funérailles : ça parlait de Jésus, que Marie-Madeleine prenait pour un jardinier.

      -  Ouais, ça doit être ça. Mais tu parles d’un rêve!... Au curling, t’imagines?

    - Ça doit être à cause de l’autre jour : on est passé devant la salle de curling, sur le boulevard René-Lévesque, et tu ne l’avais jamais remarquée avant. Mais après, ton rêve, est-ce qu’il a fini comme ça ou ça a continué?

- Non : ça a continué. Jésus et Marie-Madeleine ont arrêté de jouer au curling : ils avaient gagné la partie. On était (...)  

-  Ah! Un rêve, c’est souvent une façon symbolique d’évacuer un trop plein de quelque chose. Madame Lamarre, c’était peut-être Madame Lamort. Peut-être que la pierre ronde du curling avait rapport avec celle du caveau où Jésus a été enterré. Symboliquement, je veux dire. Qui sait? Ton rêve un peu fou, il veut peut-être juste dire que t’aimerais que Roger et les autres reviennent. Comme Jésus dans l’histoire d’à matin. 
- Coudonc, t’es psychanalyste, toi? 
- Pas plus que toi! Sauf peut-être que (...) »

5 décembre

Une goélette à voiles vient d’arriver au port, quelques semaines plus tard que prévu. Tout le monde est content: l’Atlantique Nord, en hiver, c’est redoutable. À la fin des manœuvres, mais avant le déchargement du navire, le second débarque avec un petit paquet. Il marche le long des quais, puis s’engage dans une petite rue. Il entre enfin dans une auberge, y laisse son paquet et jase un peu avec l’aubergiste, avant de retourner à son bateau. Vingt autres minutes plus tard, l’aubergiste et une femme jasent entre eux.

« Rojerie fis San-Nereie dzifnih. Zi datir miramemis daerytiô.

- O! Rie sih baigiô fomie. Zi hagim nil fir tre…

- Nil ose. Gabie Harliflie epestrum grafih Rojeries felivul, cui sir es. Dem ni rum rul portif. Tenu: vatiur (…) »

17 janvier

« Et c’est quoi, ces questions-là?

- Pour moi, il y en a trois. D’abord : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? » Ensuite : « Pourquoi y a-t-il du mal dans le monde? » Et enfin, cette question en trois volets : « D’où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous? » Pour moi, ces trois questions-là sont celles qui animent le début de toute quête de sens.

- Ça a du sens!

- Je ne te le fais pas dire!

- Et toi, comment tu te situes, face à ces trois questions-là?

- Je pense qu’elles sont mal posées.

- Pardon ?

- Je pense qu’elles sont mal posées.

- Mais tu viens de dire qu’elles animent le début de toute quête de sens puis, un peu plus tôt, tu me disais que ce qui t’intéresse, c’est de savoir qu’est-ce qui a du sens pour toi! Tu ne te contredis pas, là ?

- Eh! Eh ! Je vois que tu retiens bien ce que je te dis. Mais je ne me contredis pas. Je t’explique. Ces trois questions-là, elles animent effectivement le début de toute quête de sens mais (…) »

 Bonne lecture !